Atterrissage en douceur
Le rite est immuable : un steack frites et dodo. Franck-Yves et Karine nont pas dérogé à la règle hier dès leur arrivée.
On les repère de loin, ces marins qui viennent de poser le pied à terre. Ils viennent dune autre planète. La planète bleue. Et sils font des efforts pour arriver propres, on ne saurait sy tromper. Leur démarche est lente, leur regard lointain, leur sourire figé jusquaux oreilles, leur temps de réaction proche de la minute.
Un peu comme sils retrouvaient tout ce qui leur a manqué pendant 16 jours : les goûts, les couleurs, les odeurs, le chant des oiseaux, le bruit, le monde.
Il va falloir atterrir et quitter un instant cette planète envoûtante, celle sur laquelle ils sont prêts à repartir dès que possible.
La remise des prix de la Transat Jacques Vabre qui sest déroulée hier soir au Fort de Bahia, une ancienne prison, fut un premier retour à la civilisation. Discours, trophée, applaudissements. Avant cela, il y avait eu la rencontre avec les journalistes. Pas facile de faire le tri, daller à lessentiel, de réduire une transat à quelques phrases.
Puis la bière fraîche et le steack-frites. Remède parfait pour tomber quelques minutes plus tard dans un lit qui ne bouge pas et dont personne ne va vous extraire pour le quart suivant.
Les deux marins sont réapparus dans la soirée, pour la remise des prix. Loccasion de rencontrer les petits camarades quon a doublés ou quon aurait aimé doubler.
Avec eux, on refait la course sans relâche. Pourquoi tes passé là ? Pourquoi tas empanné si tard ? Il a fait une super course ! etc
Il n'est question que de bords, dempannages, de fichiers météo, de positions, dadonnantes, de grains et de molles.
Sur le podium, la première pensée de Franck-Yves est pour ses poursuivants. Dans la classe 50, ils sont tous encore en mer Ce soir à 18 h locales, toute léquipe Crêpes Whaou ! sera sur le quai pour tourner les amarres de Victorien et Fred. Laiterie de Saint-Malo a fait une course superbe sur un bateau, hélas, qui ne lui permettait pas dinquiéter véritablement Crêpes Whaou ! Et pourtant, dans le Pot-au-Noir, le girafon Whaou rigolait moins !
Il craque Franck-Yves.... Quand le petit Sullivan s'approche de son bateau, lui montre la coupe que Franck-Yves lui a offerte au dernier Trophée de Fécamp et avec laquelle il dort probablement...
En échange de cette coupe, Sullivan lui a mis autour du poignet un porte bonheur qu'il a fabriqué lui-même...
"Je vais te suivre tout le temps, t'es trop fort !!! Encore un bisou !"

