Ça passe ou ça lasse
Franck-Yves et Karine ont eu plusieurs opportunités de s'exprimer aujourd'hui. Un petit coup de fil, quelques mails, une vacation avec le PC Presse. C'est à n'y rien comprendre. Ils passent de 25 noeuds à plus rien. Puis ça revient de façon très aléatoire.
A chaque fois que le vent revient, l'équipage de Crêpes Whaou ! se dit que cette fois c'est la bonne. Et puis non. Le temps de le dire et l'anémomètre redescend, frôlant même parfois le néant. « Il y a deux heures on avait 25 noeuds. Et maintenant on a 5 noeuds », confiait Karine en milieu de journée, avec un brin de lassitude. Les nerfs sont à rude épreuve et contraignent Karine et Franck-Yves à modifier fréquemment le plan de voilure.
Contrairement aux trimarans plus grands, Crêpes Whaou ! est une vraie « mobylette », dixit Franck-Yves.
Karine, qui vient du circuit 60 pieds confirme : « la navigation est plus simple. On n'a pas de foils, pas de bascule de mât, pas d'hydraulique, pas de moulin à café. Donc on peut saisir chaque opportunité, changer les voiles souvent et faire avancer le bateau au mieux. Les manoeuvres sont beaucoup plus rapides ».
« On fait notre course à nous. On essaie de doubler les monocoques 60 pieds. C'est motivant. Côté météo, c'est un peu coincé partout. Il faut attendre. Il y aura du vent le long des côtes sénégalaises mais attention à ne pas trop les serrer. Hier, certains se sont retrouvés scotchés », indique Franck-Yves.
La nuit dernière, l'équipage n'a pas barré beaucoup : « le pilote se débrouille mieux que nous pour avoir une trajectoire rectiligne sur une mer plate ». Alors Karine en a profité pour scruter la voûte : « La nuit est étoilée et quelques constellations surveillent notre navigation. Nous tournons désormais le dos à la Polaire depuis que nous faisons cap plein sud. La constellation du Taureau au zénith se confond avec notre tête de mât. La Grande Ourse se lève (comme moi) et Cassiopée se couche (comme Franck-Yves bientôt). Et bien sûr, Orion et son bouclier nous envoient ce joli vent d'est qui nous permet d'avancer doucement mais sûrement vers Madère ».
Il craque Franck-Yves.... Quand le petit Sullivan s'approche de son bateau, lui montre la coupe que Franck-Yves lui a offerte au dernier Trophée de Fécamp et avec laquelle il dort probablement...
En échange de cette coupe, Sullivan lui a mis autour du poignet un porte bonheur qu'il a fabriqué lui-même...
"Je vais te suivre tout le temps, t'es trop fort !!! Encore un bisou !"

