Crêpes Whaou ! otage du Pot-au-Noir
Le Pot-au-Noir retient Crêpes Whaou ! en otage depuis plus de 24 heures. Pour Franck-Yves et Karine, il s'agit sans aucun doute du moment le plus éprouvant de la course. Courage, la libération est proche.
Sacré Pot-au-Noir ! Impossible de savoir le sort qu'il réserve aux bateaux quand ils s'engouffrent dans cette zone de convergence inter tropicale. Traduction : au niveau de l'équateur, les vents soufflants de secteur nord, dans l'hémisphère nord, rencontrent les vents de secteur sud, dans l'hémisphère sud ! Et là, c'est la bagarre. Une succession de zones sans vent et dorages violents.
Difficile d'anticiper tant le système est changeant. Pour les équipiers de Crêpes Whaou ! il n'y a pas d'alternative. Il faut manoeuvrer pour sortir de là. Renvoyer de la toile quand il n'y a plus de vent et espérer alors progresser à 2 ou 3 noeuds. Guetter les grains violents et réduire toute la toile en vitesse pour ne rien casser. Et la nuit, même programme, avec la difficulté de voir les grains arriver donc une tension permanente à bord.
Crêpes Whaou ! a donc faiblement progressé depuis 24 heures, voyant les monocoques 60 pieds revenir derrière et se faire enfermer aussi. Normalement, le trimaran devrait sortir de ce système dans les 24 prochaines heures et ne plus s'arrêter jusquà Bahia.
Peu de nouvelles de Karine et Franck-Yves qui avaient bien dautres soucis que d'envoyer des e-mails à terre. Karine a néanmoins pris la plume pour décrire brièvement la situation :
« Pas une âme qui vive ici. Plus de poissons volants, ni d'oiseaux, ni de soleil, ni de cargo.
Et pis, plus de vent ! Rien que de l'électricité dans l'air. Bienvenue dans le Pot aux noir. Quand deux hémisphères se rencontrent et ne parlent pas le même vent ça fait des étincelles. En l'occurrence ici, ce sont de biens beaux orages, bien noirs qui jonchent notre route et se jouent de nous. La zone intertropicale de convergence comme la science l'appelle porte bien son nom... C'est la zone !!! Chaque mille gagné vers le Sud est mérité et nous promet un vent meilleur. La patience est la règle d'or. Vive la voile. Bises moites »
Il craque Franck-Yves.... Quand le petit Sullivan s'approche de son bateau, lui montre la coupe que Franck-Yves lui a offerte au dernier Trophée de Fécamp et avec laquelle il dort probablement...
En échange de cette coupe, Sullivan lui a mis autour du poignet un porte bonheur qu'il a fabriqué lui-même...
"Je vais te suivre tout le temps, t'es trop fort !!! Encore un bisou !"

