Crêpes Whaou ! vainqueur à Bahia
Six heures du matin : le soleil est déjà haut dans le ciel de Bahia quand Crêpes Whaou ! apparaît derrière le grand phare de Barra. Franck-Yves et Karine attendront toutefois le passage de la ligne d'arrivée pour laisser exploser leur joie.
Le bateau est rutilant, l'équipage aussi. Le girafon, tout là haut sur la grand-voile, ne perd pas une miette de ce nouveau paysage. Bientôt il ira se coucher, ferlé dans la grand-voile, au terme de 15 jours 22 heures 27 minutes et 37 secondes de course. Le bateau glisse à 10 noeuds, sereinement.
Sous le regard inquiet des brésiliens venus l'accueillir., Franck-Yves et Karine enchaînent les virements de bord et vont même tutoyer les cailloux qui bordent cette immense ville de Salvador. Franck-Yves est à la barre ; Karine à la manoeuvre.
L'équipage, qui sait qu'une course n'est achevée qu'après le passage de la ligne, reste concentré. C'est à 11 h 29 mn 39 sec que les trois étraves de Crêpes Whaou ! coupent la ligne, soit quatre heures plus tôt en heure locale.
Franck-Yves et Karine sautent sur le trampoline avec une énergie incroyable et une joie lisible. « Alors, c'était bien la grasse mat ? » lancent-ils à la cantonade qui, c'est vrai, a bénéficié de quelques heures de sommeil en plus, offertes par une brise sessoufflant peu à peu dans la nuit.
Mangue et Caïpirinha : il n'en faut pas davantage pour les faire parler et c'est ce bougre de Pot-au-Noir qui revient les hanter, jusqu'à terre. En deux jours, Laiterie de Saint-Malo leur avait repris 260 milles.
Le Pot-au-Noir
Franck-Yves : « On a été les premiers à entrer dans le Pot. Ça passait vraiment à droite et juste après notre décision, ça s'est refermé. C'est toujours inquiétant de voir les autres revenir derrière. Heureusement on a des bateaux qui se déplacent vite. Même avec 4 noeuds de vent, on arrive à progresser ».
Karine : « Je n'aime pas le Pot-au-Noir mais lui il m'aime bien. Ce n'est pas la première fois qu'il me garde. Ça a vraiment été dur pour les nerfs pendant ces deux jours là. A la fin, on ne savait plus si on en était sorti ou pas. Il y avait beaucoup de mer. On a coupé du bois ! ».
Le boulon détai
Franck-Yves : « J'ai des supers jumelles à bord et juste avant les Canaries j'ai regardé la tête de mât. J'ai vu du jour au niveau du boulon qui tient l'étai au mât. Karine a essayé de monter mais il y avait trop de mer alors on s'est mis à labri et je suis monté avec la pince. J'ai serré comme une brute !!! Si on l'avait pas vu, on prenait le mât sur la tête dans le Pot-au-Noir, c'est sûr ».
La mobylette
Franck-Yves : « Mon bateau c'est une mobylette. Il est simple. Quand tu prends un grain t'es pas en train de serrer les fesses avant de te mettre sur le toit »
Karine : « Ce sont des bateaux géniaux. Et je pense qu'ils sont super aussi pour le solitaire. Simples, rapides, pas de gadgets qui risquent de casser comme les foils ou l'hydraulique. J'ai vraiment pris du plaisir à naviguer sur Crêpes Whaou ! »
Les copains
Franck-Yves : « C'est vrai que sur le plan sportif, c'est un peu frustrant. J'aurai préféré arriver 1er avec un autre à 15 mn derrière. Ou même 2ème à 10 mn derrière le premier. J'espère vraiment que la classe va se développer et qu'on pourra dans les prochains jours annoncer de nouveaux projets ».
Manger, dormir ou faire la sieste ?
Karine à Franck-Yves : « Les trois mon capitaine ! »
Il craque Franck-Yves.... Quand le petit Sullivan s'approche de son bateau, lui montre la coupe que Franck-Yves lui a offerte au dernier Trophée de Fécamp et avec laquelle il dort probablement...
En échange de cette coupe, Sullivan lui a mis autour du poignet un porte bonheur qu'il a fabriqué lui-même...
"Je vais te suivre tout le temps, t'es trop fort !!! Encore un bisou !"

