Dans la cour des grands
Avec une régularité de métronome, Crêpes Whaou! augmente son avance sur ses poursuivants en même temps qu'il recolle à certains concurents de la classe ORMA.
36, 11, 60. Non, ce ne sont pas les numéros gagnants du Loto mais bien ceux du retour de Franck-Yves sur Sopra, Gitana 12 et Région Guadeloupe. En têt de sa classe, le skipper de Crêpes Whaou! compose avec des conditions de navigation qui ne ressemblent en rien à une récréation : vent de 15 à 20 noeuds (force 4 à 5) mais surtout une mer de 3 mètres de creux extrêmement désordonnée.
Dans ces conditions, la prudence règne à bord. Constamment sur le pont, le skipper de Crêpes Whaou! garde l'écoute de gennaker dans une main et la barre danns l'autre. Le trimaran part au surf, accélère avant de planter brutalement dans la vague suivante.
Ainsi va la vie du marin qui a déjà oublié les rythmes des terriens : sommeil quant on peut, cuisine aléatoire compensée par la Whaou! chocolat et encore et surtout heures rivées à la barre avec cet horizon qui ne cesse de bouger.
Cette vie qui nous fait rêver, Franck-Yves l'adore. L'oreille en éveil, il prend soin de son trimaran, ne le brusque pas. Compagnons de bonheur, de plaisir et parfois de galère, les deux font la paire. Complète, totale, inséparable.
Les meilleurs moncooques dans le sillage, les derniers multicoques dans l'étrave, Franck-Yves ne confond pas vitesse et précipitation.
Ambitieux, il sait que, pour gagner, il faut déjà arriver. Surfer, ménager sa monture et garder l'oeil qui lui a permis hier d'éviter une baleine qui se prélassait en travers de la route. Chaud devant.
Quelques heures plus tard, il s'imaginait attaqué par un avion de chasse avant de découvrir qu'il s'agissait de l'Ocean Alchimist, trimaran à moteur skippé par Olivier de Kersauson pour le compte de France Télévision.
Décidément, même en mer, la vie n'est pas un long fleuve tranquile.
Il craque Franck-Yves.... Quand le petit Sullivan s'approche de son bateau, lui montre la coupe que Franck-Yves lui a offerte au dernier Trophée de Fécamp et avec laquelle il dort probablement...
En échange de cette coupe, Sullivan lui a mis autour du poignet un porte bonheur qu'il a fabriqué lui-même...
"Je vais te suivre tout le temps, t'es trop fort !!! Encore un bisou !"

