Escalade à Fuerteventura
Comme l'indique la trajectoire de Crêpes Whaou ! sur la cartographie ce matin, il a fallu faire un rapide stop à l'abri de Fuerteventura. On ne résiste pas au plaisir de vous livrer cette séance d'escalade telle que Karine la décrit :
Le réveil fut brutal... Extirpée de ma sieste par Franck Yves qui me dit : "Faut monter en haut du mat !"
- Hein ? Pourquoi ?
Ben oui, il faut une très bonne raison pour aller faire le singe là haut...à plus de 20 mètres.
La réponse est sans appel.
- L'axe de l'étai de Solent s'est dévissé, je l'ai vu aux jumelles...
En clair; le truc qui tient le mât est en train de se faire la malle !
Damned !
Bon ben... yapluka...
Je monte sur le pont, nous sommes sous grand gennaker, le vent de 15 nds et la mer peu agitée.
Nous sommes à 2 heures de passer les îles Canaries. Franck-Yves veut s'y arreter. On tergiverse, car nous n'avons plus qu'une heure de jour après c'est la nuit noire. Je décide d'essayer de monter en mer en appuyant bien le bateau sous voiles.
Me voilà donc arnachée de mon baudrier, d'une clé à molette "maousse costaud" et de mon courage. La montée le long du guindant de Grand-voile se fait sans encombre jusqu'à ce qu'une série de vagues m'arrêtent dans mon élan en me bringuebalant là-haut. Plus que 4 mètres me séparent de l'étai de Solent, Franck Yves me crie : "Il est encore temps de redescendre !".
(Karine est accrochée à un drisse que Franck-Yves hisse au winch, ndlr). Têtue, j'attends de voir si les coups de raquette se calment mais je n'ai aucune sécu, je me tiens le long du mat qu'à la force de mes mains, si je lâche, je peux me retrouver ejectée et assomée contre le mât. "Pas la peine de prendre de risque" me répète Franck Yves. Et donc, je redescend un peu déçue de ne pas avoir pu régler le problème.
Avec l'expertise de notre routeur Bernot, nous décidons de nous abriter dans une petite baie sous le vent de l'île de Fuerteventura.
Cap à 90° de la route, nous avons 2 heures de nav pour y arriver.
Avec la nuit, arrivent les sillages phosphorescents de 3 dauphins qui jouent avec notre étrave comme pour nous accueillir sur leur île. C'est de bon augure...
C'est au tour de Franck Yves de se préparer à monter la-haut, bottes, ciré, outils, lampe frontale, bonnet (pour protéger la tête car nous avons oublié le casque). J'en ris encore, car il faut s'imaginer qu'il fait une chaleur à crever et qu'on était déjà en nage avant même de commencer !
Finalement, la baie est très propice et très calme et deux coups de clé à molette plus tard, nous voilà repartis vers le Brésil !
Il craque Franck-Yves.... Quand le petit Sullivan s'approche de son bateau, lui montre la coupe que Franck-Yves lui a offerte au dernier Trophée de Fécamp et avec laquelle il dort probablement...
En échange de cette coupe, Sullivan lui a mis autour du poignet un porte bonheur qu'il a fabriqué lui-même...
"Je vais te suivre tout le temps, t'es trop fort !!! Encore un bisou !"

