Fi de l'humilité !
Crêpes Whaou ! vient de passer Safran, leader de la flotte des monocoques 60. Devant la voie est libre. En ligne de mire les « inaccessibles » multicoques 60 ? Linsatiable Crêpes Whaou ! a le culot d'avoir repris 13 milles à Brossard en quatre heures.
A chaque jour suffit sa peine. Il fallait commencer par conforter son avance sur la meute des multicoques 50 pieds, et notamment sur Laiterie de Saint-Malo qui s'accroche tant quil peut dans des conditions météo qui ne sont plus les mêmes, hélas.
Puis Crêpes Whaou ! s'est attaqué aux futurs tourdumondistes, les monocoques 60 pieds. Têtu, l'intrépide Girafon avait décidé de rouler dans sa crêpe Safran, Foncia et Gitana Eighty à l'heure du goûter magique. Impérial !
Aujourdhui, et même si l'humilité légendaire de Franck-Yves ne laisse rien filtrer, on peut imaginer que le tandem de crêpiers a en ligne de mire les multicoques 60 pieds. En tous cas, c'est pas le genre à regarder derrière, mais bien devant !
Et devant, il y a d'abord Brossard, à qui Crêpes Whaou ! a repris 12 milles en quatre heures. Alors - toujours cette humilité - on peut sentendre dire que c'est un hasard, qu'ils n'ont pas les mêmes conditions, que ça ne va pas durer. Certes
Carpe diem !
Nous, pauvres terriens oubliés sur le quai du Havre, nous sommes là pour rêver alors ne boudons pas notre plaisir, faisons fi de l'humilité réservée aux marins et rajoutons même une couche sur notre tartine d'autosatisfaction : désormais, Crêpes Whaou ! est plus proche de Brossard que de Laiterie de Saint-Malo. Voilà, c'est dit.
Aujourdhui Karine et Franck-Yves ont touché du vent et progressent entre 15 et 20 nuds. Ils ne sont plus travers mais bien au portant. Une série d'empannages devrait suivre jusquau Pot-au-Noir, dans cinq petits jours. Le vent devrait se montrer moins capricieux et les alizés africains prendre la relève rapidement.
« ça glisse ! » annonçait Karine, enthousiaste. « Et ça ne devrait plus s'arrêter jusquà l'Equateur ».
La température monte avec l'adrénaline. « Il fait très chaud et très moite. On a sorti les shorts et on en perd même l'envie de manger. Mais on se force. La route est encore longue ».
Il craque Franck-Yves.... Quand le petit Sullivan s'approche de son bateau, lui montre la coupe que Franck-Yves lui a offerte au dernier Trophée de Fécamp et avec laquelle il dort probablement...
En échange de cette coupe, Sullivan lui a mis autour du poignet un porte bonheur qu'il a fabriqué lui-même...
"Je vais te suivre tout le temps, t'es trop fort !!! Encore un bisou !"

