« Nous avons barré comme des sauvages toute la nuit ! »
Franck-Yves et Erwan jettent leurs dernières forces dans la bataille. A 900 milles de l’arrivée, ils donnent tout. « Nous avons barré comme des sauvages toute la nuit ! « Pour espérer arriver devant les monocoques à Puerto-Limon, il leur faudra aller bien plus vite qu’eux.
Le trimaran est plus rapide mais alors, pourquoi n’a-t-il pas encore mangé les premiers monocoques ?*
Trois principales raisons à cela.
La première, c’est que le parcours était plus long pour les multicoques (320 milles de plus soit une journée moyenne de navigation). Ils devaient impérativement passer par le sud de La Barbade alors que les monocoques pouvaient couper l’arc antillais où ils le souhaitaient, et suivre l’orthodromie entre Le Havre et Puerto-Limon.
Aujourd’hui, les monocoques, qui avaient le choix d’arriver du nord, peuvent rejoindre Puerto Limon sur un seul bord, tribord amure, tandis que Crêpes Whaou ! doit remonter les côtes vénézuéliennes.
La seconde est spécifique à cette édition de la Transat Jacques Vabre. Des conditions de mer difficiles, avec des creux allant jusqu’à 6 mètres, ont contraint les multicoques à contourner les fronts successifs pour éviter de casser. Autant il est aisé pour un monocoque de faire le bouchon dans une marmite, autant, pour un bateau qui repose sur trois coques, lesquelles travaillent différemment tout en étant liées, c’est impossible.
Enfin, la troisième raison est celle que vit actuellement Crêpes Whaou ! qui tire des bords au portant. Ni monocoques ni multicoques n’avancent correctement plein vent arrière. Chacun doit donc mettre un peu d’angle entre son cap et le lit du vent. Les multicoques ont besoin d’un angle plus important et doivent donc tirer des bords moins « rapprochants » ainsi qu’Erwan l’expliquait à la vacation d’aujourd’hui.
Et quand Crêpes Whaou ! marche à 20 nœuds, son VMG (sa vitesse de rapprochement) n’est que de 14,8 nœuds. Pour les monocoques, vitesse moyenne et VMG sont quasi identiques depuis le passage des Antilles.
Pour autant, les deux hommes de Crêpes Whaou ! y croient. Ils ont décidé de mobiliser toute leur énergie pour ces deux (ou trois) derniers jours de course. Ils ont plusieurs atouts : ils sont en forme, leur bateau également et le trimaran est capable de surprendre si le vent faiblit dans la dernière ligne droite, ce que craignent aujourd’hui les monocoques.
Allez Crêpes Whaou !!!
Il craque Franck-Yves.... Quand le petit Sullivan s'approche de son bateau, lui montre la coupe que Franck-Yves lui a offerte au dernier Trophée de Fécamp et avec laquelle il dort probablement...
En échange de cette coupe, Sullivan lui a mis autour du poignet un porte bonheur qu'il a fabriqué lui-même...
"Je vais te suivre tout le temps, t'es trop fort !!! Encore un bisou !"

