On attaque la falaise, on joue la bascule
Que nenni ! Les deux hommes de Crêpes Whaou ! ont tout simplement attaqué le front hier soir et attendaient ce matin leur retour sur investissement vers midi, heure à laquelle le vent devait basculer à droite et leur permettre de tourner à gauche. C’est chose faite.
Tout cela est un peu compliqué mais il suffit de suivre attentivement l’évolution des champs de vent sur la cartographie du site Whaou pour se sentir concerné. Ils jouent avec les vents, les dépressions qui tournent dans un sens, les anticyclones dans l’autre. Les grosses flèches rouges qui n’annoncent rien de confortable, les petites bleues qui promettent de meilleurs auspices.
La mer est toujours aussi mauvaise mais en repartant vers le sud, Franck-Yves et Erwan espèrent bien soulager un peu leur multicoque mis à rude épreuve depuis quelques jours.
Pas de tourisme aux Açores
Le cap suivi désormais par Crêpes Whaou ! n’indique pas que l’équipage ait l’intention de traverser l’archipel des Açores. Que ce soit les nordistes, visiblement peu enclins à faire du tourisme en ce moment, ou les sudistes qui continuent de descendre, chacun semble cette année éviter soigneusement les îles. Sans doute ont-ils tous assez d’encombres pour ne pas aller chercher de nouveaux tourments dans un archipel capricieux, fait de micro-systèmes météo qui ont déjà piégé plus d’un navigateur.
En mode patience
A bord, l’ambiance est moins festive qu’hier. Qu'ils soient sud ou nord, aujourd'hui tous les navigateurs rivalisent de vocabulaire pour qualifier l'état de la mer : impressionnante, infernale, incroyable. Et force est de constater que les multicoques sont les plus mal logés dans une mer aussi furieuse.
Franck-Yves et Erwan commencent à sentir la fatigue. Elle découle inévitablement des longues heures de concentration maximale imposées dans une mer aussi démontée. Les marins ont dû passer en « mode patience » tant la perspective des longues glissades au portant semble reculer à mesure qu’ils avancent.
De la folie !
Ce matin, Crêpes Whaou ! naviguait avec trois ris dans la grand-voile. « On a été obligé de lever le pied. On allait trop vite. D’un côté c’est bien car la vitesse permet de soulager la coque centrale et le flotteur au vent. Mais c’est parfois de la folie dans une mer aussi mauvaise », expliquait Franck-Yves.
A quand les glissades vers La Barbade ? Bien malin qui pourrait le dire dans un système aussi perturbé.
Il craque Franck-Yves.... Quand le petit Sullivan s'approche de son bateau, lui montre la coupe que Franck-Yves lui a offerte au dernier Trophée de Fécamp et avec laquelle il dort probablement...
En échange de cette coupe, Sullivan lui a mis autour du poignet un porte bonheur qu'il a fabriqué lui-même...
"Je vais te suivre tout le temps, t'es trop fort !!! Encore un bisou !"

