"Papa est à la barre."
C'est par ces mots que Kévin Escoffier entame la vacation avec le PC Presse basé dans les locaux de TF1 à Paris. Autour de la table, Loïc Le Bras et quelques journalistes écoutent avec attention chacun des skippers qui sont, tour à tour, appelés par l'organisation.
« Nous venons de prendre un ris dans la grand-voile car le vent monte progressivement à 25 noeuds. La mer est belle avec une longue houle. Nous sommes à la pointe de la Bretagne, près du fameux chenal du Four. Mais comme la marée sinverse, nous allons devoir passer à l'ouest de l'île d'Ouessant ».
Les propos de laîné des fils Escoffier sont clairs et la voix, de nature à rassurer sa mère qui gère les affaires de pêche à St Malo.
« Nous sommes très contents du comportement de Crêpes Whaou ! même si nous navons pas encore eu de vrai gros temps et en tous cas pas les 40 noeuds annoncés. Par contre, ce soir, ça va être plus sérieux avec 40 noeuds établis, voir plus dans les rafales. Quant à l'état de la mer, ça promet d'être copieux » précise Kévin qui n'est pourtant pas du genre à en rajouter.
En tête depuis le départ du Havre avec une avance qui ne cesse de croître sur leurs poursuivants, père et fils Escoffier ne forcent pas lallure : « On ne tire pas sur le bateau. On s'attache plus à bien régler les voiles, à trouver le bon angle quà passer en force. Ce n'est pas de la prudence mais simplement le bon sens marin que mon père m'a toujours appris. Nous respectons le bateau et évitons de le faire souffrir. On a vraiment envie darriver à Bahia et, en plus, il n'y aura pas grand-chose à gagner dans la baston nocturne ».
Physiquement costaud, le joueur de rugby de Concarneau a trouvé le temps de se reposer : « On a chacun pu faire deux petites siestes. Mais c'est vrai quon ne sest pas beaucoup vu avec mon père. On se croise. Et si on gueule quand on est ensemble sur le pont, c'est simplement pour sentendre car c'est très bruyant ».
Marins expérimentés, les Escoffier père et fils préparent leur Crêpes Whaou ! pour le coup de vent : « On a tendu les écoutes de solent pour bien enrouler la voile. Dans le cockpit, les drisses et les écoutes sont bien rangées pour ne pas risquer de traîner derrière le bateau. Tout est propre ». Décidément, à seulement 25 ans, Kévin est déjà un grand marin.
Il craque Franck-Yves.... Quand le petit Sullivan s'approche de son bateau, lui montre la coupe que Franck-Yves lui a offerte au dernier Trophée de Fécamp et avec laquelle il dort probablement...
En échange de cette coupe, Sullivan lui a mis autour du poignet un porte bonheur qu'il a fabriqué lui-même...
"Je vais te suivre tout le temps, t'es trop fort !!! Encore un bisou !"

