Soucis de moteur et contre-coup
Faut-il rappeler que Franck-Yves Escoffier, pêcheur-marin-navigateur comme il se définit, a passé 30 ans à la pêche, sillonnant la Manche par tous les temps, de jour comme de nuit ? Des mers démontées, il en a vues.
Aujourd’hui, l’équipage de Crêpes Whaou ! se débat avec un moteur qui fait des cabrioles dans la cale, et subit le contre-coup de 48 heures éprouvantes.
« Nous avons eu des creux de 6 à 7 mètres, des vagues dans tous les sens, avec un vent de 40 nœuds et un moteur qui se fait la valise ! C’était vraiment dur ». Ce matin par téléphone, Franck-Yves Escoffier, d’ordinaire si mesuré et rassurant dans ses propos, n’a pas caché que les conditions qu’ils viennent de vivre à bord de Crêpes Whaou ! étaient dantesques.
Calage de fortune
Pour ajouter au stress, le moteur ne tenait plus que par un goujon, sur les trois qui doivent le maintenir au plancher. « A tout moment, il pouvait enfoncer la coque ».
C’est dans un véritable shaker que les deux hommes de Crêpes Whaou ! se sont armés de leurs outils et on plongé en fond de cale dans un bateau qui faisait des bonds. En vain. Ils n’y ont gagné que des plaies. Faute de pouvoir fixer le moteur à nouveau, ils ont opté pour un calage de fortune en sacrifiant une latte de secours de la grand-voile. Deux morceaux de latte ont été entrés en force entre le pont et le moteur, de chaque côté. A la base, la chaîne de mouillage achève de caler l’engin.
Ils tenteront de couler les goujons dans la résine dès que la mer sera plus calme. En attendant, c’est prudence et vigilance.
Plaies et bosses
La fatigue mentale est extrême. La concentration était de tous les instants pendant 48 heures. « Nous guettions chaque vague et suspendions notre respiration à chaque fois que le bateau décollait et retombait. Puis on checkait le bateau. Et ça recommençait ».
Physiquement, le bilan n’est pas meilleur. « Nous avons mal partout. Des courbatures, des tensions dans tous les muscles, des bleus, des bosses ». Sur un multicoque, dans de telles conditions, saisir une bouteille d’eau, descendre à la table à carte, attraper l’écoute ou simplement, rester assis, relèvent d’un parcours du combattant.
Cet après-midi, Crêpes Whaou ! est reparti dans une mer qui s’assagit. « Il reste trois mètres de houle et nous avançons entre 15 et 20 nœuds », annonçait Erwan Le Roux vers 14 h. Ils vont pouvoir s’alimenter et s’organiser. La couchette qui se trouve au dessus du moteur est devenue inutilisable et tout ce que contient le bateau est donc désormais sur l’autre couchette. Avant de dormir, il va falloir ranger…
Il craque Franck-Yves.... Quand le petit Sullivan s'approche de son bateau, lui montre la coupe que Franck-Yves lui a offerte au dernier Trophée de Fécamp et avec laquelle il dort probablement...
En échange de cette coupe, Sullivan lui a mis autour du poignet un porte bonheur qu'il a fabriqué lui-même...
"Je vais te suivre tout le temps, t'es trop fort !!! Encore un bisou !"

