Portrait interview

Ton premier souvenir de navigation ? Sur une annexe en plastique avec, en guise de safran, un aviron et en guise de mât… ma cousine, les bras écartés, qui tenait une serviette de plage afin d’être plus propulsifs. Nous ne pouvions faire que du vent arrière ! Ton meilleur souvenir en mer ? Lorsque j’ai rencontré Annie, ma femme sur un bateau de 14 m. J’étais skipper. Elle faisait partie d’un groupe de personnes venues passer deux journées en mer. Le pire ? Ma première Transat anglaise en solitaire. Très très dure. Et puis six jours sans pilote dans la Route du Rhum 2002. Ce que tu détestes chez les autres ? Le manque de franchise, d’honnêteté. La frime ! Ton principal défaut ? Lors d’un loupé, j’ai tendance à reporter la faute sur les autres (en solitaire, pas facile…) mais après discussion, je peux facilement reconnaître mes torts. As-tu peur parfois sur ton trimaran ? Je n’ai pas encore eu peur sur Crêpes Whaou !… et je ne suis pas pressé…

Tes petites habitudes inavouables à bord ? Une petite bouillotte bien chaude lorsque je suis fatigué et qu’il ne fait pas bon dehors Tes bonnes résolutions quand tu prends un départ ? Avant chaque départ, je me dis que je dois dormir au moins deux heures les premières 24 heures et surtout, bien me nourrir. Ça n’est pas une chose facile après les préparatifs et les sollicitations d’un départ. Le marin que tu aurais voulu être ? Si Surcouf est bien le marin que l’on nous décrit depuis plusieurs générations, alors, oui, j’aurais bien voulu être Surcouf. Battre les Anglais avec un bateau nettement plus petit : chapeau ! Le don de la nature que tu aimerais avoir ? Des cheveux comme il y a dix ans et savoir répondre à la dernière question sans avoir à y réfléchir ! Ce qui t’inspire le plus d’indulgence ? Comme mon père l’a été avec moi, je suis indulgent avec les premières bêtises des jeunes et de mes trois fils en particulier, indulgent avec les débutants en général.